Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/398

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à la maxime, c’est sous des mots très-honnêtes, cacher un sophisme bien cruel. L’intérêt du Magistrat, qui, dans votre Etat, le rend souvent partie contre le Citoyen, jamais contre l’Etranger, exige, dans le premier cas que la Loi prenne des précautions beaucoup plus grandes pour que l’accusé ne soit pas condamné injustement. Cette distinction n’est que trop bien confirmée par les faits. Il n’y a peut-être pas, depuis l’établissement de la République, un seul exemple d’un jugement injuste contre un Etranger ; & qui comptera dans vos annales combien il y en a d’injustes & même d’atroces contre des Citoyens ? Du reste, il est très-vrai que les précautions qu’il importe de prendre pour la sûreté de ceux-ci peuvent sans inconvénient s’étendre à tous les prévenus, parce qu’elles n’ont pas pour but de sauver le coupable, mais de garantir l’innocent. C’est pour cela qu’il n’est fait aucune exception dans l’Article XXX du règlement,