Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/469

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sa force, pour oser mettre vis-à-vis l’un de l’autre deux pareils interlocuteurs. Je n’ai jamais oui faire de cette scene en particulier tout l’loge dont elle me paroit digne ; mais je n’en connois pas une au Théâtre François, où la main d’un grand maître soit plus sensiblement empreinte, & où le sacre caractere de la vertu l’emporte plus sensiblement sur l’élévation du génie.

Une autre considération qui tend à justifier cette Piece, c’est qu’il n’est pas seulement question d’étaler des forfaits, mais les forfaits du fanatisme en particulier, pour apprendre au peuple à le connoître & s’en défendre. Par malheur, de pareils soins sont très-inutiles, & ne sont pas toujours sans danger. Le fanatisme n’est pas une erreur, mais une fureur aveugle & stupide que la raison ne retient jamais. L’unique secret pour l’empêcher de naître est de contenir ceux qui l’excitent. Vous avez beau démontrer à des foux que leurs chefs les trompent, ils n’en sont pas moins ardens à les suivre. Que si le fanatisme existe une fois, je ne vois encore qu’un