Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/361

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Les Provinces les plus éloignées & celles que la mer séparoit des troupes resterent à Othon ; moins pour l’amour de lui, qu’a cause du grand poids que donnoit à son parti le nom de Rome & l’autorité du Sénat, outre qu’on penchoit naturellement pour le premier reconnu.*

[*L’élection de Vitellius avoit précédé celle d’Othon ; mais au-delà des mets le bruit de celle-ci avoit provenu le bruit de l’autre, ainsi Othon étoit dans ces régions le premier reconnu.] L’armée de Judée, par les soins de Vespasien, & les légions de Syrie par ceux de Mucianus, prêterent serment à Othon. L’Egypte & toutes les Provinces d’Orient reconnoissoient son autorité. L’Afrique lui rendoit la même obéissance à l’exemple de Carthage, où, sans attendre les ordres du Proconsul Vipsanius Apronianus, Crescens, affranchi de Néron, se mêlant, comme ses pareils, des affaires de la République dans les tems de calamités, avoir en réjouissance de la nouvelle élection donné des fêtes au peuple qui se livroit étourdiment à tout. Les autres villes imiterent Carthage. Ainsi les armées & les provinces se trouvoient tellement partagées que Vitellius avoit besoin des succès de la guerre pour se mettre en possession de l’Empire.

Pour Othon, il faisoit, comme en pleine paix, les fonctions d’Empereur, quelquefois soutenant la dignité de la République, mais plus souvent l’avilissant en se hâtant de régner. Il désigna son frere Titianus, Consul avec lui, jusqu’au premier de mars, & cherchant à se concilier l’armée d’Allemagne, il destina les deux mois suivans à Verginius, auquel il donna Poppaeus Vopiscus pour Collegue, sous prétexte d’une