Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/568

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pourtant des plantes ſur leſquelles, en vous les faiſant montrer, vous pouvez aiſément vérifier mes deſcriptions. Vous n’aviez pas, je le ſuppoſe, ſous vos yeux, une Ortie blanche, en liſant l’analyſe des labiées ; mais vous n’aviez qu’a envoyer chez l’herboriſte du coin chercher de l’Ortie blanche fraîchement cueillie, vous appliquiez à ſa fleur ma deſcription, & enſuite examinant les autres parties de la plante de la maniere dont nous traiterons ci-après, vous connoiſſiez l’Ortie blanche infiniment mieux que l’herboriſte qui la fournit ne la connoîtra de ſes jours ; encore trouverons-nous dans peu le moyen de nous paſſer d’herboriſte : mais il faut premiérement achever l’examen de nos familles ; ainſi je viens à la cinquieme qui, dans ce moment, eſt en pleine fructification.

Repréſentez-vous une longue tige aſſez droite garnie alternativement de feuilles pour l’ordinaire découpées aſſez menu, leſquelles embraſſent par leur baſe des branches qui ſortent de leurs aiſſelles. De l’extrémité ſupérieure de cette tige partent comme d’un centre pluſieurs pédicules ou rayons, qui s’écartant circulairement & régulièrement comme les côtes d’un paraſol, couronnent cette tige en forme d’un vaſe plus ou moins ouvert. Quelquefois ces rayons laiſſent un eſpace vide dans leur milieu & repréſentent alors plus exactement le creux du vaſe ; quelquefois auſſi ce milieu eſt fourni d’autres rayons plus courts, qui montant moins obliquement garniſſent le vaſe & forment conjointement avec les premiers la figure à-peu-près d’un demi globe dont la partie convexe eſt tournée en-deſſus.

Chacun de ces rayons ou pédicules eſt terminé à ſon extré-