Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/115

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245 Cherchons en cet instant à remettre mes sens.

Mon coeur contre soi-même a lutté trop longtemps ;

Il faut un peu de trêve à cet excès de peine.

La cruelle a trop vu le penchant qui m'entraîne,

Et je ne sais prévoir, à force d'y penser, 250 Si l'on veut me punir ou me récompenser.


Scène VI.

ISABELLE, LISETTE.



LISETTE.

De ce pauvre garçon le sort me touche l'âme.

Vous vous plaisez par trop à maltraiter sa flamme,

Et vous le punissez de sa fidélité.


ISABELLE.

Va, Lisette, il n'a rien qu'il n'ait bien mérité. 255 Quoi ! pendant si longtemps il m'aura pu séduire,

Dans ses pièges adroits il m'aura su conduire ;

Il aura, sous le nom d'une douce amitié…


LISETTE.

Fait prospérer l'amour ?


ISABELLE.

Et j'en aurais pitié !

Il faut que ces trompeurs trouvent dans nos caprices