Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/138

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Croyez, si votre sort dépendait du pari,

Que c'est de le gagner que vous seriez puni.


DORANTE.

595 Madame, vous jouez fort bien la comédie ;

Votre talent m'étonne, il me fait même envie ;

Et, pour savoir répondre à des discours si doux,

Je voudrais en cet art exceller comme vous :

Mais, pour vouloir trop loin pousser le badinage, 600 Je pourrais à la fin manquer mon personnage,

Et reprenant peut-être un ton trop sérieux…


ISABELLE.

À la plaisanterie il n'en ferait que mieux.

Tout de bon, je ne sais où de cette boutade

Votre esprit a péché la grotesque incartade. 605 Je m'en amuserais beaucoup en d'autres temps.

Je ne veux point ici vous gêner plus longtemps.

Si vous prenez ce ton par pure gentillesse,

Vous pourriez l'assortir avec la politesse ;

Si vos mépris par moi veulent se signaler, 610 Il faudra bien chercher de quoi m'en consoler.


DORANTE.

en fureur.

Ah ! per…


ISABELLE.

l'interrompant vivement.

Quoi !

DORANTE, faisant effort pour se calmer. Je me tais


ISABELLE.

à part.