Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/139

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De peur d'étourderie,

Allons faire en secret veiller sur sa furie.

Dans ses emportements je vois tout son amour…

Je crains bien à la fin de l'aimer à mon tour.

Elle sort en faisant d'un air poli, mais railleur, une révérence à Dorante.


Scène XI.


DORANTE.

615 Me suis-je assez longtemps contraint en sa présence ?

Ai-je montré près d'elle assez de patience ?

Ai-je assez observé ses perfides noirceurs ?

Suis-je assez poignardé de ses fausses douleurs ?

Douceurs pleines de fiel, d'amertume et de larmes, 620 Grands dieux ! que pour mon coeur vous eussiez eu de charmes !

Si sa bouche, parlant avec sincérité,

N'eût pas au fond du sien trahi la vérité !

J'en ai trop enduré, je devais la confondre ;

À cette lettre enfin qu'eût-elle osé répondre ? 625 Je devais à mes yeux un peu l'humilier ;

Je devais… Mais plutôt songeons à l'oublier.

Fuyons, éloignons-nous de ce séjour funeste ;

Achevons d'étouffer un feu que je déteste

Mais ne partons qu'après avoir tiré raison 630 Du perfide Valère et de sa trahison.

ACTE III


Scène I.

LISETTE, DORANTE, VALERE.



LISETTE.