Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/141

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Vous pouvez en parler tout-à-fait à votre aise ;

Mais pour monsieur Dorante, il faut, ne lui déplaise, 645 Qu'il nous fasse l'honneur de prendre son congé.


DORANTE.

Quoi ! songes-tu ?


LISETTE.

C'est vous qui n'avez pas songé

À la loi qu'aujourd'hui vous prescrit Isabelle.

On peut se battre, au fond, pour une bagatelle,

Avec les gens qu'on croit qu'elle veut épouser : 650 Mais Isabelle est femme à s'en formaliser ;

Elle va, par orgueil, mettre en sa fantaisie

Qu'un tel combat s'est fait par pure jalousie ;

Et, sur de tels exploits, je vous laisse à juger

Quel prix à vos lauriers elle doit adjuger.


DORANTE.

655 Lisette, ah ! mon enfant, serais-tu bien capable

De trahir mon amour en me rendant coupable ?

Ta maîtresse de tout se rapporte à ta foi ;

Si tu veux me sauver cela dépend de toi.


LISETTE.

Point, je veux lui conter vos brillantes prouesses, 660 Pour vous faire ma cour.


DORANTE.

Hélas ! de mes faiblesses