Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/390

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les avantages mêmes qu’on s’etoit propos. C’est ce qui arrive dans la pratique de la Musique instrumentale ; les difficultés s’y présentent en foule. la quantité de positions différentes, de dièses, de bémols, de changemens de clefs, y sont des obstacles éternels au progrès des Musiciens ; & après tout cela, il faut encore perdre, la moitie du tems, cet avantage si vante du rapport direct de la touche à la note, puisqu’il arrive cent fois par la force des signes d’altération simples ou redoubles, que les mêmes notes deviennent relatives à des touches toutes différentes de ce qu’elles représentent, comme on l’à pu remarquer ci-devant.

Voulez-vous pour la commodité des voix, transposer la piece un demi-ton, ou un ton plus haut ou plus bas : voulez-vous présenter à ce Symphoniste de la Musique notée sur une clef étrangère son instrument ? le voilà embarrasse, & souvent arrête tout court, si la Musique est un peu travaillée. Je crois, la vérité, que les grands Musiciens ne seront pas dans le cas ; mais je crois aussi que les grands Musiciens ne le sont pas devenus sans peine, & c’est cette peine qu’il s’agit d’abréger. Parce qu’il ne sera pas tout-a-fait impossible d’arriver la perfection par la route ordinaire, s’ensuit-il qu’il n’en soit point de plus facile ?

Supposons que je veuille transposer & exécuter en B fa si, une piece note en C sol ut à la clef de sol, sur la premiere ligne : voici tout ce que j’ai faire ; je quitte l’idée de la clef de sol, & je lui substitue celle de la clef d’ut, sur la troisieme ligne : ensuite j’y ajoute les idées des cinq dièses poses, le premier sur le s\ fa, le second sur l’ut, le troisieme sur le sol,