Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/391

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le quatrieme sur le re, & le cinquieme sur le la ; à tout cela joins enfin l’idée d’une octave au-dessus de cette clef d’ut, & il faut que je retienne continuellement toute cette complication d’idées pour l’appliquer chaque note, sans quoi me voilà tout à tout instant hors de ton. Qu’on juge de la facilite de tout cela !

Les chiffres employés de la maniere que je le propose, produisent des effets absolument différens. Leur force est en eux-mêmes, & indépendante de tout autre signe. Leurs rapports sont connus par la seule inspection, & sans que l’habitude ait y entrer pour rien ; l’intervalle simple est toujours évident dans l’intervalle redouble : une leçon d’un quart-d’heure doit mettre toute personne en état de solfier, ou du moins de nommer les notes dans quelque Musique qu’on lui présente ; un autre quart-d’heure suffit pour lui apprendre à nommer de même & sans hésiter, tout intervalle possible, ce qui dépend, comme je l’ai déjà dit, de la connoissance distincte de trois intervalles, de leurs renversemens, & réciproquement du renversement de ceux-ci, qui revient aux premiers. Or, il me semble que l’habitude doit se former bien plus aisément quand l’esprit en à fait la moitie de l’ouvrage, qu’il n’à lui-même plus rien à faire.

Non-seulement les intervalles sont connus par leur genre dans mon système, mais ils le sont encore par leur espece. Les tierces & les sixtes sont majeures ou mineures, vous en faites la distinction sans pouvoir vous y tromper ; rien n’est si aise que de savoir une fois que l’intervalle 24 est une tierce mineure ; l’intervalle 24, une sixte majeure ; l’intervalle 31,