Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/559

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XI.

La plus essentielle précaution que nous avons a prendre en cette occasion est de tenir nos délibérations secrètes : de si grands intérêts ne doivent point être exposes aux yeux d’un vulgaire stupide, qui s’imagine follement que nous sommes payes pour le servir. Les spectateurs sont d’une telle arrogance, que si cette Lettre venoit a se divulguer par l’indiscrétion de quelqu’un de vous, ils se croiroient en droit d’observer de plus près notre conduite, ce qui ne laisseroit pas d’avoir sort incommodité ; car enfin, quelque supérieur qu’on puisse être au Public, il n’est point agréable d’en essuyer les clabauderies.

Voilà, Messieurs, quelques articles préliminaires sur lesquels il nous paroit convenable de se concerter d’avance ; a l’égard des discours particuliers que nous tiendrons, quand l’Ouvrage en question sera en train, comme ils doivent être modifies sur la maniere dont on le recevra, il est a propos de réserver a ce tems-la d’en convenir. Chacun de nous, a quelques-uns près, s’est jusqu’ici comporte si convenablement a l’intérêt commun, qu’il n’y a pas d’apparence que nul se démente là-dessus au moment de couronner l’œuvre ; & nous espérons que si l’on nous reproche de manquer de talent, ce ne sera pas au moins de celui de bien cabaler.

C’est ainsi qu’après avoir expulse avec ignominie toute cette engeance Italienne, nous allons nous établir un tribunal redoutable ; bientôt le succès, ou du moins, la chute des pieces