Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/607

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FRAGMENS D’OBSERVATIONS Sur l’Alceste Italien de M. le Chevalier Gluck.

L’examen de l’Opéra d’Alceste de Gluck, est trop au-dessus de mes forces, sur-tout dans l’etat de dépérissement ou sont, depuis plusieurs années, mes idées, ma mémoire & toutes mes facultés, pour que j’eusse eu la présomption d’en faire de moi-même la pénible entreprise, qui d’ailleurs ne peut être bonne a rien ; mais M. Gluck m’en a si fort presse, que je n’ai pu lui refuser cette complaisance, quoi qu’aussi fatigante pour moi, qu’inutile pour lui. Je ne suis plus capable de donner l’attention nécessaire a un Ouvrage aussi travaille. Toutes mes observations peuvent être fausses & mal fondées ; &, loin de les lui donner pour des regles, je les soumets a son jugement, sans vouloir, en aucune façon, les défendre : mais quand je me serois trompe dans toutes, ce qui restera toujours réel & vrai, c’est le témoignage qu’elles rendent a M. Gluck de ma déférence pour ses desirs, & de mon estime pour ses Ouvrages.

En considérant d’abord la marche totale de cette piece, j’y trouve une espece de contre-sens général, en ce que le