Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/61

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Valere.

Mon pere....

Lisimon.

Laissons cela, te dis-je, je devine tout ce que tu pourrois me dire.

Valere.

Mais, mon pere....j’ai fait....des réflexions....

Lisimon.

Des réflexions, toi ? J’avois tort. Je n’aurois pas devine celui-là. Sur quoi donc, s’il vous plaît, roulent vos méditations sublimes ?

Valere.

Sur les inconvéniens du mariage.

Frontin.

Voilà un texte qui fournit.

Lisimon.

Un sot peut réfléchir quelquefois ; mais ce n’est jamais qu’après la sottise. Je reconnois-là mon fils.

Valere.

Comment, après la sottise ? Mais je ne suis pas encore marie.

Lisimon.

Apprenez, Monsieur le philosophe, qu’il n’y a nulle différence de ma volonté à l’acte. Vous pouviez moraliser quand je vous proposai la chose, & que vous en étiez vous-même si empresse. J’aurois de bon cœur écoute vos raisons. Car, vous savez si je suis complaisant.