Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/63

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Frontin.

En faveur d’Angelique ?

Valere.

Tout au contraire.

Frontin.

Je vous félicité, Monsieur, d’une résolution aussi héroique. Vous allez mourir de faim en digne martyr de la liberté. Mais s’il etoit question d’épouser le portrait ? hem ! le mariage ne vous paroîtroit plus si affreux ?

Valere.

Non ; mais si mon pere pretendoit m’y forcer, je crois que j’y resisterois avec la même fermeté, & je sens que mon cœur me rameneroit vers Angelique si-tôt qu’on m’en voudroit éloigner.

Frontin.

Quelle docilité ! Si vous n’héritez pas des biens de Monsieur votre pere, vous hériterez au moins de ses vertus. Regardant le portrait. Ah !

Valere.

Qu’as-tu ?

Frontin.

Depuis notre disgrâce, ce portrait me semble avoir pris une physionomie famélique, un certain air alonge.

Valere.

C’est trop perdre de tems à des impertinences. Nous devrions déjà avoir couru la moitié de Paris. Il sort.