Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/102

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qui suit la barre immédiatement ; le Tems levé est toujours celui qui la précede, à moins que la Mesure ne soit à un seul Tems ; & même, alors, il faut toujours supposer le Tems foible, puisqu’on ne sauroit frapper sans avoir levé.

Le degré de lenteur ou de vitesse qu’on donne à la Mesure dépend de plusieurs choses. 1°. De la valeur des Notes composent la Mesure. On voit bien qu’une Mesure qui contient une Ronde doit se battre plus posément & durer davantage que celle qui ne contient qu’une Noire. 2°. Du Mouvement indiqué par le mot François ou Italien qu’on trouvé ordinairement à la tête de l’Air ; Gai, Vite, Lent, &c. Tous ces mots indiquent autant de modifications dans le Mouvement d’une même sorte de Mesure. 3°. Enfin du caractere de l’Air même, qui, s’il est bien sait, en sera nécessairement sentir le vrai Mouvement.

Les Musiciens François ne battent pas la Mesure comme les Italiens. Ceux-ci, dans la Mesure à quatre Tems, frappent successivement les deux premiers Tems & levent les deux autres ; ils frappent aussi les deux premiers dans la Mesure à trois Tems, & levent le troisieme. Les François ne frappent jamais que le premier Tems, & marquent les autres par différens mouvemens de la main à droite & à gauche. Cependant la Musique Françoise auroit beaucoup plus besoin que l’Italienne d’une Mesure bien marquée ; car elle ne porte point sa cadence en elle-même ; ses Mouvemens n’ont aucune précision naturelle : on presse, on ralentit la Mesure au gré du Chanteur. Combien les oreilles ne sont-elles