Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/154

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CHEVROTTER, v. n. C’est, au lieu de battre nettement & alternativement du gosier les deux Sons qui forment la Cadence ou le Trill (Voyez ces mots), en battre un seul a coups précipités, comme plusieurs doubles croches détachées & à l’unisson ; ce qui se fait en forçant du poumon l’air contre la glotte fermée, qui sert alors de soupape : en sorte qu’elle s’ouvre par secousses pour livrer passage à cet air, & se referme à chaque instant par une mécanique semblable à celle du Tremblant de l’Orgue. Le Chevrottement est la désagréable ressource de ceux qui n’ayant aucun Trill en cherchent l’imitation grossiere ; mais l’oreille ne peut supporter cette substitution, & un seul Chevrottement au milieu du plus beau Chant du monde, suffit pour le rendre insupportable & ridicule.

CHIFFRER. C’est écrire sur les Notes de la Basse des Chiffres ou autres caracteres indiquant les Accords que ces Notes doivent porter, pour servir de guide à l’Accompagnateur. (Voyez CHIFFRES, ACCORD.)

CHIFFRES. Caracteres qu’on place au-dessus ou au-dessous des Notes de la Basse, pour indiquer les Accords qu’elles doivent porter. Quoique parmi ces caracteres il y ait plusieurs qui ne sont pas des Chiffres, on leur en a généralement donne le nom, parce que c’est la sorte de signes qui s’y présente le plus fréquemment.

Comme chaque Accord est composé de plusieurs Sons s’il avoit falu exprimer chacun de ces Sons par un Chiffre, on auroit tellement multiplié & embrouillé les Chiffres, que l’Accompagnateur n’auroit jamais eu le tems de les lire au