Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/215

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Musique à ponctuer les paroles ; le Copiste ne doit pas s’en mêler : car ce seroit ajouter des signes que le Compositeur s’est chargé de rendre inutiles.

Je m’arrête pour ne pas étendre à l’excès cet article : j’en ai dit trop pour tout Copiste instruit qui a une bonne main & le goût de ton métier, le n’en dirois jamais assez pour les autres. J’ajouterai seulement un mot en finissant : il y a bien des intermédiaires entre ce que le Compositeur imagine & ce qu’entendent les Auditeurs. C’est au Copiste de rapprocher ces deux termes le plus qu’il est possible, d’indiquer avec clarté tout ce qu’on doit faire pour que la Musique exécutée rende exactement à l’oreille du Compositeur ce qui s’est peint dans sa tête en la composant.

CORDE SONORE. Toute Corde tendue dont en peut tirer du Son. De peur de m’égarer dans cet article, j’y transcrirai en partie celui de M. d’Alembert, & n’y ajouterai du mien que ce qui lui donne un rapport plus immédiat au Son & à la Musique.

"Si une Corde tendue est frappée en quelqu’un ses points par une puissance quelconque, elle s’éloignera jusqu’à une certaine distance de la situation qu’elle avoit n étant en repos, reviendra ensuite & sera des vibrations en vertu de l’élasticité que sa tension lui donne, comme en fait un Pendule qu’on tire de son à-plomb. Que si, de plus, la matiere de cette Corde est elle-même assez élastique ou assez homogene pour que le même mouvement se communique à toutes ses parties, en frémissant elle rendra du Son, & sa résonnance accompagnera toujours