Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/309

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L’Ensemble ne dépend pas seulement de l’habileté avec laquelle chacun lit sa Partie, mais de l’intelligence avec laquelle il en sent le caractere particulier, & la liaison avec le tout ; soit pour phraser avec exactitude, soit pour suivre la précision des Mouvemens, soit pour saisir le moment & les nuances des Fort & des Doux ; soit enfin pour ajouter aux ornemens marqués, ceux qui sont si nécessairement supposés par l’Auteur, qu’il n’est permis à personne de les omettre. Les Musiciens ont beau être habiles, il n’y a d’Ensemble qu’autant qu’ils ont l’intelligence de la Musique qu’ils exécutent, & qu’ils s’entendent entr’eux car il seroit impossible de mettre un parfait Ensemble dans un Concert de sourds, ni dans une l’Musique dont le style seroit parfaitement étranger à ceux qui l’exécutent. Ce sont sur-tout les Maîtres de Musique, Conducteurs & Chefs d’Orchestre,. qui doivent guider, ou retenir ou presser les Musiciens pour mettre par-tout l’Ensemble ; & c’est ce que fait toujours un bon premier Violon par une certaine charge d’exécution qui en imprime fortement le caractere dans toutes les oreilles. La Voix récitante est assujettie à la Basse & à la Mesure ; le premier Violon doit écouter & suivre la Voix ; la Symphonie doit écouter & suivre le premier Violon : enfin le Clavecin, qu’on suppose tenu pas le Compositeur, doit être le véritable & premier guide de tout.

En général, plus le Style, les Périodes, les Phrases, la Mélodie & l’Harmonie ont de caractere, plus l’ensemble est facile à saisir ; parce que sil même idée imprimée vivement