Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/455

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MONOLOGUE, s. m. Scene d’Opéra où l’Auteur est seul & ne parle qu’avec lui-même. C’est dans les Monologues que se déploient toutes les forces de la Musique ; le Musicien pouvant s’y livrer à toute l’ardeur de son génie, sans être gêné dans la longueur de ses morceaux par la présence d’un Interlocuteur. Ces Récitatifs obligés, qui sont un si grand effet dans les Opéra Italiens, n’ont lieu que dans les Monologues.

MONOTONIE, s. f. C’est, au propre, une Psalmodie ou un Chant qui marche toujours sur le même Ton ; mais ce mot ne s’emploie gueres que dans le figuré.

MONTER, v. n. C’est faire succéder les Sons du bas en haut ; c’est-à-dire, du grave à l’aigu. Cela se présente à l’œil par notre maniere de noter.

MOTIF, s. m. Ce mot francisé de l’Italien motivo n’est gueres employé dans le sens technique que par les Compositeurs. Il signifie l’idée primitive & principale sur laquelle le Compositeur détermine son sujet & arrange son dessein. C’est le Motif qui,pour ainsi dire, lui met la plume à la main pour jetter sur le papier telle chose & non pas telle autre. Dans ce sens le Motif principal doit être toujours présent à l’esprit du Compositeur, & il doit faire en sorte qu’il le soit aussi toujours à l’esprit des Auditeurs. On dit qu’un Auteur bat la campagne lorsqu’il perd son Motif de vue, & qu’il coud des Accords ou des Chants qu’aucun sens commun n’unit entr’eux.

Outre ce Motif, qui n’est que l’idée principale de la Piece, il y a des Motifs particuliers, qui sont les idées déterminantes