Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/464

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nos Vers, dans le Chant, prennent presque uniquement leur Mesure de la Musique, & perdent le peu qu’ils en ont par eux-mêmes.

Par la Mélodie, on dirige la succession des Sons de maniere à produire des Chants agréables. (Voyez MÉLODIE, CHANT, MODULATION.)

L’Harmonie consiste à unir à chacun des Sens d’une succession réguliere deux ou plusieurs autres Sons, qui frappant l’oreille en même tems, la flattent par leur concours. (Voyez HARMONIE.)

On pourroit & l’on devroit peut-être encore diviser la Musique en naturelle & imitative. La premiere, bornée au seul physique des Sons & n’agissant que sur le sens, ne porte point ses impressions jusqu’au cœur, & ne peut donner que des sensations plus ou moins agréables. Telle est la Musique des Chansons, des Hymnes, des Cantiques, de tous les Chants qui ne sont que des combinaisons de Sons Mélodieux, & en genéral toute Musique qui n’est qu’Harmonieuse.

La seconde, par des inflexions vives accentuées, &, pour ainsi dire, parlantes, exprime toutes les passions, peint tous les tableaux, rend tous les objets, soumet la Nature entiere à ses savantes imitations, & porte ainsi jusqu’au cœur de l’homme des sentimens propres à l’émouvoir. Cette Musique vraiment lyrique & théâtrale étoit celle des anciens Poemes, & c’est de nos jours celle qu’on s’efforce d’appliquer aux Drames qu’on exécute en Chant sur nos Théâtres. Ce n’est que dans cette Musique, & non dans l’Harmonique ou naturelle, qu’on doit chercher la raison des effets prodigieux