Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/51

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& il est très-rare qu’on se trouvé exactement en finissant dans le Ton d’où l’on étoit parti. C’est pour empêcher ces variations que l’Harmonie d’un Instrument est employée ; elle maintient la Voix dans le même Diapason, ou l’y rappelle aussi-tôt, quand elle s’égare. La Basse est, de toutes les Parties, la plus propre à l’Accompagnement, celle qui soutient le mieux la Voix, & satisfait le plus l’oreille ; parce qu’il n’y en a point dont les vibrations soient si fortes, si déterminantes, ni qui laisse moins d’équivoque dans le jugement de l’Harmonie fondamentale.

ACCOMPAGNER, v. a. & n. C’est en général jouer les Parties d’Accompagnement dans l’exécution d’un morceau de Musique ; c’est plus particuliérement, sur un Instrument convenable, frapper avec chaque Note de la Basse les Accords qu’elle doit porter, & qui s’appellent l’Accompagnement. J’ai suffisamment expliqué dans les précédens articles en quoi consiste cet Accompagnement. J’ajouterai seulement que ce mot même avertit celui qui accompagne dans un concert qu’il n’est chargé que d’une partie accessoire, qu’il ne doit s’attacher qu’à en faire valoir d’autres, que sitôt qu’il a la moindre prétention pour lui-même, il gâte l’exécution & impatiente à la sois les Concertans & les Auditeurs : plus il croit se faire admirer, plus il se rend ridicule ; & sitôt qu’à force de bruit ou d’ornemens déplacés il détourne à soi l’attention due à la partie principale, tout ce qu’il montre de talent & d’exécution, montre à la fois sa vanité & son mauvais goût. Pour Accompagner avec intelligence & avec applaudissement, il ne faut songer qu’à soutenir