Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/558

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L’étendue des Voix, & la division des Parties a fait disparoître ces distinctions dans la Musique ; & on ne les connoît plus que dans le Plain-Chant. On y compte quatre Tons Plagaux ou Collatéraux ; savoir, le second, le quatrieme, le sixieme & le huitieme ; tous ceux dont le nombre est pair. (Voyez TONS DE L’EGLISE.)

PLAIN-CHANT, s. m. C’est le nom qu’on donne dans l’Eglise Romaine au Chant Ecclésiastique. Ce Chant, tel qu’il subsiste encore aujourd’hui, est-un reste bien défiguré, mais bien précieux, de l’ancienne Musique Grecque, laquelle, après avoir passé par les mains des barbares, n’a pu perdre encore toutes ses premieres beautés. Il lui en reste assez pour être de beaucoup préférable, même dans l’état où il est actuellement, & pour l’usage auquel il est destiné à ces Musiques efféminées & théâtrales, ou maussades & plates qu’on y substitue en quelques Eglises, sans gravité, sans goût, sans convenance, & sans respect pour le lieu qu’on ose ainsi profaner.

Le tems où les Chrétiens commencerent d’avoir des Eglises & d’y chanter des Pseaumes & d’autres Hymne, fut celui où la Musique avoit déjà perdu presque toute son ancienne énergie par un progrès dont j’ai exposé ailleurs les causes. Les Chrétiens s’étant saisis de la Musique dans l’état où ils la trouverent, lui ôterent encore la plus grande forcé qui lui étoit restée ; savoir, celle du Rhythme & du Mètre, lorsque, des vers auxquels elle avoit toujours été appliquée, ils la transporterent à la Prose des Livres Sacrés, ou à je ne fais quelle barbare Poésie, pire pour la Musique que la Prose