Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/608

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Il est certain que dans tout Accord il y a un ordre fondamental & naturel, qui est celui de la génération de l’Accord même : mais les circonstances d’une succession, le goût, l’expression, le beau Chant, la variété, le rapprochement de l’Harmonie, obligent souvent le Compositeur de changer cet ordre en renversant les Accords, & par conséquent la disposition des Parties.

Comme trois choses peuvent être ordonnées en six manieres, & quatre choses en vingt-quatre manieres, il semble d’abord qu’un Accord parfait devroit être susceptible de six Renversemens, & un Accord dissonant de vingt-quatre ; puisque celui-ci est composé de quatre Sons, l’autre de trois, & que le Renversement ne consiste qu’en des transpositions d’Octaves. Mais il faut observer que dans l’Harmonie on ne compte point pour des Renversemens toutes les dispositions différentes des Sons supérieurs, tant que le même Son demeure au grave. Ainsi ces deux ordres de l’Accord parfait ut mi sol, & sol mi ut, ne sont pris que pour un même Renversement, & ne portent qu’un même nom ; ce qui réduit à trois tous les Renversemens de l’Accord parfait, à quatre tous ceux de l’Accord dissonant ; c’est-à-dire, à autant de Renversemens qu’il entre de différens Sons dans l’Accord : car les Répliques des mêmes Sons ne sont ici comptées pour rien.

Toutes les fois donc que la Basse-fondamentale se fait entendre dans la Partie la plus grave, ou, si la Basse-fondamentale est retranchée, toutes les fois que l’ordre naturel est gardé dans les Accords, l’Harmonie est directe. Dès que