Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/680

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SYNAULIE, s. f. Concert de plusieurs Musiciens, qui, dans la Musique ancienne, jouoient & se répondoient alter-nativement sur des Flûtes, sans aucun mélange de Voix.

M. Malcolm, qui doute que les Anciens eussent une Musique composée uniquement pour les Instrumens, ne laissé pas de citer cette Synaulie après Athénée, & il a raison : car ces Synaulies n’étoient autre chose qu’une Musique vocale jouée par des Instrumens.

SYNCOPE, s. f. Prolongement sur le Tems fort d’un Son commencé sur le Tems foible ; ainsi, toute Note syncopée est à contre-tems, & toute suite de Notes syncopées est une marche à contre-tems.

Il faut remarquer que la Syncope n’existe pas moins dans l’Harmonie, quoique le Son qui la forme, au lieu d’être continu, soit refrappé par deux ou plusieurs Notes, pourvu que la disposition de ces Notes qui répetent le même bon, soit conforme à la définition.

La Syncope a ses usages dans la Mélodie pour l’expression & le goût du Chant ; mais sa principale utilité est dans l’Harmonie pour la pratique des Dissonances. La premiere partie de la Syncope sert à la préparation : la Dissonance se frappe sur la Seconde ; & dans une succession de Dissonances, la premiere partie de la Syncope suivante sert en même tems à sauver la Dissonance qui précede, & à préparer celle qui suit.

Syncope, de συν, avec, & de χοπτω, je coupe, je bats ; parce que la Syncope retranche de chaque Tems, heurtant, pour ainsi dire, l’un avec l’autre. M. Rameau veut que ce