Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/71

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Airs qu’il entendit en sa vie ; il fait recommencer l’Opéra quand il veut.

Les paroles des Airs ne vont point toujours de suite, ne se débitent point comme celles du Récitatif ; quoiqu’assez courtes pour l’ordinaire, elles se coupent, se répetent, se transposent au gré du Compositeur : elles ne sont pas une narration qui passe ; elles peignent, ou un tableau qu’il faut voir sous divers points de vue, ou un sentiment dans lequel le cœur se complaît, duquel il ne peut, pour ainsi dire, se détacher, & les différentes phrases de l’Air ne sont qu’autant de manieres d’envisager la même image. Voilà pourquoi le sujet doit être un. C’est par ces répétitions bien entendues, c’est par ces coups redoublés qu’une expression qui d’abord n’a pu vous émouvoir, vous ébranle enfin, vous agite, vous transporte hors de vous, & c’est encore par le même principe que les Roulades, qui, dans les Airs pathétiques paroissent si déplacées, ne le sont pourtant pas toujours : le cœur presse d’un sentiment très-vif l’exprime souvent par des Sens inarticulés plus vivement que par des paroles. (Voyez NEUME.)

La forme des Airs est de deux especes. Les petits Airs sont ordinairement composés de deux Reprises qu’on chante chacune deux fois ; mais les grands Airs d’Opéra sont le plus souvent en Rondeau. (Voyez RONDEAU.)

AL SEGNO. Ces mots écrits à la fin d’un Air en Rondeau, manquent qu’il faut reprendre la premiere Partie, non tout-à-fait au commencement, mais à l’endroit où est marqué le renvoi.