Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/762

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


sol. Ainsi le premier de ces Tons répondant au Mode Dorien des Grecs, le second répond au Phrygien, le troisieme à l’éolien (& non pas au Lydien, comme disent les Symphoniastes), & le dernier au Mixo-Lydien. C’est Saint Miroclet Evêque de Milan, ou, selon d’autres, Saint Ambroise, qui vers l’an 370, choisit ces quatre Tons pour en composer le Chant de l’Eglise de Milan ; & c’est, à ce qu’on dit, le choix & l’approbation de ces deux Evêques, qui ont fait donner à ces quatre Tons le nom d’Authentiques.

Comme les Sons, employés dans ces quatre Tons, n’occupoient pas tout le Disdiapason ou les quinze Cordes de l’ancien Systême, Saint Grégoire forma le projet de les employer tous par l’addition de quatre nouveaux Tons qu’on appelle Plagaux, lesquels ayant les mêmes Diapasons que les précédens, mais leur finale plus élevée d’une Quarte, reviennent proprement, à l’Hyper-Dorien, à l’Hyper-Phrygien, à l’Hyper-éolien, & à l’Hyper-Mixo-Lydien. D’autres attribuent à Guy d’Arezzo l’invention de ce dernier.

C’est de-là que les quatre Tons Authentiques ont chacun un Plagal pour collatéral ou supplément ; de sorte qu’après le premier Ton, qui est authentique, vient le second Ton, qui est son Plagal ; le troisieme Authentique, le quatrieme Plagal, & ainsi de suite. Ce qui fait que les Modes ou Tons Authentiques s’appellent aussi impairs, & les Plagaux pairs, eu égard à leur place dans l’ordre des Tons.

Le discernement des Tons Authentiques ou Plagaux est indispensable à celui qui donne le Ton du Chœur ; car si le Chant est dans un Ton Plagal, il doit prendre la finale à-peu-prés