Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/796

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visage se distingue d’un autre ; mais il y a aussi de ces différences qui sont communes à plusieurs, & qui, formant autant d’especes de Voix, demandent pour chacune une dénomination particuliere.

Le caractere le plus général qui distingue les Voix, n’est pas celui qui se tire de leur Timbre ou de leur Volume ; mais du Degré qu’occupe ce Volume dans le Systême général des Sons.

On distingue donc généralement les Voix en deux Classes ; savoir, les Voix aiguës & les Voix graves. La différence commune des unes aux autres, est à-peu-près d’une Octave ; ce qui fait que les Voix aiguës chantent réellement à l’Octave des Voix graves, quand elles semblent chanter à l’Unisson.

Les Voix graves sont les plus ordinaires aux hommes faits ; les Voix aiguës sont celles des femmes : les Eunuques & les enfans ont aussi à-peu-près le même Diapason de Voix que les femmes ; tous les hommes en peuvent même approcher en chantant le Faucet. Mais de toutes les Voix aiguës, il faut convenir, malgré la prévention des Italiens pour les Castrati, qu’il n’y en a point d’espece comparable à celle des femmes, ni pour l’étendue ni pour la beauté du Timbre. La Voix des enfans a peu de consistance & n’a point de bas ; celle des Eunuques, au contraire, n’a d’éclat que dans le haut ; & pour le Faucet, c’est le plus désagréable de tous les Timbres de la Voix humaine : il suffit, pour en convenir, d’écouter à Paris les Chœurs du Concert Spirituel, & d’en comparer les Dessus avec ceux de l’Opéra.

Tous ces différens Diapasons, réunis & mis en ordre,