Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/223

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LIVRE TROISIÈME 2l3

et par conséquent celle-ci au plus haut degré d'inten- sité qu'elle puisse avoir. Or, comme c'est du degré de la volonté que dépend l'usage de la force, et que la force absolue du gouvernement ne varie point, il s'ensuit que le plus actif des gouvernements est celui d'un seul.

Au contraire, unissons le gouvernement à l'auto- rité législative (*); faisons le prince du souverain, et de tous les citoyens autant de magistrats : alors la volonté de corps, confondue avec la volonté générale, n'aura pas plus d'activité qu'elle, et lais- sera la volonté particulière dans toute sa force. Ainsi, le gouvernement, toujours avec la même force absolue, sera dans son minimum de force relative ou d'activité.

Ces rapports sont incontestables, et d'autres considérations servent encore à les confirmer. On voit, par exemple, que chaque magistrat est plus actif dans son corps que chaque citoyen dans le sien, et que par conséquent la volonté particulière a beaucoup plus d'influence dans les actes du gou- vernement que dans ceux du souverain ('); car chaque magistrat est presque toujours chargé de quelque fonction du gouvernement, au lieu que

(*) Qui appartient à tous les citoyens en corps.

( 2 ) La volonté particulière, qui est inspirée par les intérêts de l'individu en tant qu'individu, étant toujours présente dans chaque homme et étant même en lui la force la plus puissante, l'influence qu'elle exercera sur le magis- trat sera de plus de conséquence pour l'État que celle qu elle exerce sur le simple particulier, puisque le rôle du premier dans l'État est plus grand que celui du second. — C'est là, sous-entend Rousseau, un inconvénient du grand nombre des magistrats.

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