Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/281

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LIVRE TROISIÈME 1 m j t

n'est pas possible d'instituer le gouvernement d'au cune autre manière légitime, et sans renoncer aux principes ci-devant établis.

��CHAPITRE XVIII

MOYENS DE PREVENIR LES USURPATIONS DU GOUVERNEMENT

De ces éclaircissements il résulte, en confirma- tion du chapitre xvi, que l'acte qui institue le gou- vernement n'est point un contrat, mais une loi ; que les dépositaires de la puissance executive ne sont point les maîtres du peuple, mais ses officiers ; qu'il peut les établir et les destituer quand il lui plaît ; qu'il n'est point question pour eux de con- tracter, mais d'obéir ; et qu'en se chargeant des fonctions que l'Etat leur impose, ils ne font que remplir leur devoir de citoyens, sans avoir en aucune sorte le droit de disputer sur les conditions.

Quand donc il arrive que le peuple institue un gouvernement héréditaire, soit monarchique dans une famille, soit aristocratique dans un ordre de

exemple, du même coup les citoyens se trouvent privés du pouvoir exécutif et ils n'ont plus le droit de nommer leur roi. En somme, si le peuple veut un roi, il lui faut d'abord se constituer en démocratie, et, dès lors, il n'a plus le droit de vouloir nommer un roi. Il me paraît impossible de sortir logiquement de cette impasse, et, d'après les prin- cipes de Rousseau, le gouvernement démocratique pur, qui pourtant « ne convient pas à des hommes » (III, iv), peut seul être légitimement institué.

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