Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/98

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près ces deux hommes, on trouverait, je crois, que s’ils doivent quelque chose à Rousseau, comme tout leur siècle, ce n’est pas le Contrat social qui a inspiré et nourri leur pensée politique. — .En France donc, si l’influence générale de l’œuvre de Rousseau a été profonde, du moins son Contrat social ne me paraît avoir suscité aucune école ni même aucune œuvre politique de réelle importance.

C’est en Allemagne que l’influence de la politique de Rousseau est surtout manifeste et précise. Comme l’a dit M. Albert Sorel : « l’éducation des Allemands les préparait à le comprendre, leurs sentiments le poussaient à l’admirer... Rousseau ne trouva nulle part un sol aussi fécond.. ( 4 ) », et «... en Allemagne, où les institutions étaient fédérales,... la doctrine du Contrat conduisait à resserrer l’Etat, à rassembler la nation ; elle entrait tout naturellement dans le courant de l’histoire. Les disciples de Rousseau, qui furent en France des révolutionnaires, devinrent en Allemagne des réformateurs ( 2 ). » Mais, si cette influence s’est étendue jusqu’aux faits et aux institutions, c’est d’abord en se faisant allemande et en suscitant les doctrines des deux philosophes dont l’action a été la plus profonde sur le xix e siècle allemand, Kant et Fichte.

On sait combien l’œuvre tout entière de Rousseau a produit sur Kant une impression vive et a contribué à la constitution de la philosophie critique ( 3 ). Hegel

Contrat, quelques tentatives de Rousseau, malheureuses d’ailleurs, pour introduire le langage mathématique dans la politique : mais cela est bien différent des idées exposées par Condorcet dans son Tableau général de la science qui a pour objet l’application du calcul aux sciences politiques et morales (1787, publié en 1795).

(*) A. Sorel, L’Europe et la Révolution, I, n, § 2, p. 104.

( 2 ) Ibid., I, m, § 4, p. 185.

( 3 ) Kant était un lecteur passionné des œuvres de Rousseau, notamment de l’Emile; le portrait de Rousseau était seul placé

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