Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/12

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Québec sont vraies, nous n’avons qu’à nous bien tenir.

— Qu’est-ce donc, mon cher notaire ?

— Voilà en deux mots les nouvelles mesures qui ont été adoptées à la dernière réunion du conseil. Vous savez bien que Cadet, une des créatures maudites de Bigot, a été nommé munitionnaire général et que Péan, sous le nom de major, a été chargé du détail de l’équipement des troupes et des milices. Or, comme le blé se fait rare, Bigot, sur l’avis de ces deux voleurs, a décidé d’envoyer dans les campagnes des employés pour enlever tout ce qu’ils trouveraient de grains, d’arrêter et de sceller en même temps les moulins, afin de forcer les habitants à se pourvoir à l’intendance.

— La misère va prendre des proportions effrayantes. Et pendant ce temps-là Bigot et sa clique amassent des richesses et font bombance.

— Savez-vous ce que m’apprenait ces jours derniers M. Boucault de Godefroy, quand je suis allé faire enregistrer l’inventaire de Jean Tremblay ? continua Crespin. C’est à mourir d’indignation…

— Qu’est ce donc ?

— Eh ! bien, non-seulement les vivres que l’on distribue aux troupes dans les postes militaires