Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/37

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ques faveurs, qui furent reçues avec reconnaissance.

M. de Godefroy habitait, au moment où nous reprenons le fil de notre histoire, un magnifique logement sur la rue Ste-Anne, qu’il devait à la munificence de Bigot.

Au lendemain de l’accident arrivé à Louis Gravel par la faute involontaire de la jeune fille, celle-ci envoya aux nouvelles sa vieille nourrice Dorothée, — un ange de dévouement qui n’avait pas voulu la quitter à son départ de France. Dorothée apprit à sa jeune maîtresse que son sauveur, à part quelques courbatures, était assez bien, même pour sortir. Claire étant à faire de la tapisserie à sa fenêtre, dans l’après-midi, le vît passer à cheval. Le jeune homme risqua un salut respectueux qui lui fut timidement rendu en rougissant.

Disons-le de suite : si, en reprenant sa connaissance la veille, Louis n’avait pu s’empêcher de s’écrier en pensant à Claire : « Mon Dieu ! qu’elle est belle ! » — nous, sommes forcé d’ajouter, pour être historien véridique, qu’après le passage du jeune homme devant ses fenêtres, Claire qui avait eu le loisir de le mieux examiner que dans le trouble du moment à Charlesbourg, ne put aussi s’empêcher de murmurer : — « Mon Dieu qu’il est donc bien, ce jeune cavalier, et qu’il ferait un joli mari ! »