Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/38

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Claire dormit mal, la nuit suivante, et se leva des l’aurore. Mais en vain se mit-elle à sa fenêtre, la journée entière se passa sans qu’elle revit le cavalier de la veille. Elle fut triste, nerveuse, agitée tout le jour, tout lui parut désagréable à voir et à entendre. Il en fut de même pendant plusieurs jours.

En quittant sa fenêtre, le quatrième jour :

— Il n’est pas revenu, tant mieux, se dit-elle, et qu’il ne revienne jamais, jamais, jamais…

C’était l’amour-propre froissé qui parlait. Le cœur disait bien autre chose.

Et cependant tous les jours Claire allait, venait, tourmentait Dorothée, et bien qu’il fit un froid humide — on était en automne — trouvait mille prétextes pour laisser les fenêtres ouvertes.

Un soir, elle ne put contenir son chagrin, elle pleura… mais elle pleura seule, quand sa nourrice fut couchée.

Claire en vain combattait, elle était contrainte de s’avouer à elle-même qu’elle avait du plaisir à voir le jeune homme du chemin de Charlebourg.

Le lendemain — qui était un dimanche — en compagnie de Dorothée, elle se rendit à la cathédrale pour entendre la messe. Au, sortir de