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l’église, retenue par la foule, elle aperçut sur le trottoir Louis Gravel, le visage pâle, mais l’œil animé et la bouche souriante.

Claire le regarda longuement, sans chercher à cacher son trouble, puis elle sourit.

Louis porta la main sur son cœur avec un geste passionné.

Les flammes des prunelles s’étaient heurtées, et il y eût dans cet échange muet des pensées, une expression de sympathie qu’aucune parole n’eût pu traduire.

Ils demeurèrent longtemps ainsi, immobiles tous deux, oubliant la foule qui les séparait.

Il fallut que Dorothée vint arracher Claire à cette muette contemplation extatique.

La jeune fille cacha son trouble.

Tous les jours, elle revit Louis Gravel.

Un matin, en s’éveillant, elle trouva, caché, au bas de l’appui de sa fenêtre, un bouquet de pensées.

Claire le prit et le cacha dans son corsage.

Le lendemain, un second bouquet était encore sur l’appui de sa fenêtre, et dans ce bouquet était un papier tout menu, bien finement plié.