Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/81

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Laissez-moi donc près de vous, mon père, je ne vous quitterai jamais !

— Mon Dieu, chère enfant, si je te marie, ce n’est pas pour faire mon bonheur, c’est uniquement pour faire le tien.

— Mon bonheur est ici.

— Mais…

— Seriez-vous heureux de ne jamais vous séparer de moi, dites ?

— Mon adorée ! mais n’es tu donc pas tout ce que j’aime sur cette terre ?

— Alors, pourquoi détruire notre bonheur, mon père ? Nous sommes tous heureux, ainsi restons comme nous sommes, c’est plus sage.

— Mais, mon enfant, ma chère Claire, pourquoi n’avoir pas parlé plus tôt.

— Le pouvais-je ? Ce mariage a été convenu, arrêté entre vous et M. Bigot à mon insu, sans que j’en eus connaissance.

Je n’ai appris votre détermination que le jour où j’ai reçu le cadeau des fiançailles.

Cette nouvelle m’a surprise. Que pouvais-je répondre ? Rien avant d’avoir réfléchi.

Votre bonheur paraissait si grand, votre confiance en l’avenir si vive que je craignis, en