Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/83

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— Oh ! avait-il donc mis des conditions à son obligeance ?

— Non pas.

— J’ai aussi réfléchi à ce que vous me dites-là et voici le raisonnement que je me suis tenu.

— Voyons le raisonnement.

— De deux choses l’une : ou M. Bigot, en vous servant, l’a fait par esprit de justice, par simple obligeance, ou il n’a agi ainsi que pour vous attacher à lui dans l’espoir de me séduire un jour.

S’il a agi pour vous être personnellement agréable, mon père, votre affection et ma reconnaissance lui sont acquises, et bien que je ne l’épouse pas, nous n’en serons pas moins pour lui des amis sincères et dévoués.

Si, au contraire, il n’a cherché à vous être utile que dans l’intention d’acheter ma main, ce qu’il y a à faire est bien simple : rendez lui tout ce qu’il vous a fait obtenir ou disposez de tout cela en faveur de qui il lui plaira…

— Mais, mon enfant, ta position…

— S’il ne s’agit que de ma position, mon père, je ne me plaindrai pas si elle redevient ce qu’elle a toujours été. Car, à proprement parler, il n’y a que quelques semaines que cette position est