Page:Roussel - Chiquenaude, 1900.djvu/12

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maison de Panache, apercevait sur le seuil la belle Foire, maîtresse idolâtrée du spadassin.

Comme Panache devait être occupé toute la nuit par un assassinat important, Foire voyant un beau seigneur habillé de rouge, et le trouvant à son goût, n’hésitait pas à l’accueillir, afin qu’il remplaçât son amant absent.

Méphisto faisait son entrée dans le réduit du bandit. Partout c’était un fouillis bizarre d’objets volés ; sur les murs, les épées des victimes de Panache formaient de nombreux trophées.

Méphisto et Foire étaient vite aux bras l’un de l’autre. Ils soupaient gaiement tous les deux, et, le repas fini, Méphisto légèrement aviné devenait très audacieux… Si audacieux que Foire l’entraînait doucement vers une large alcôve au fond de laquelle un grand lit semblait fait pour des gens heureux. Les rideaux de l’alcôve se refermaient sur eux et la pénombre envahissait la scène.

Bientôt une vieille femme entrait à pas de loup en s’appuyant sur un bâton. C’était Chiquenaude.

En regardant dans son miroir magique la chambre de son filleul bien-aimé, elle venait de voir le souper coupable et, furieuse de l’affront