Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/130

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un vaste appareil qui, établi entre quatre poteaux, s’avançait au-dessus du cours d’eau comme une arche de pont.

La nuit s’était faite peu à peu, et, sur la rive, un phare d’acétylène, fixé au sommet d’un pieu, éclairait, à l’aide de son puissant réflecteur braqué avec soin, tous les détails de l’étonnante machine vers laquelle convergeaient tous les regards.

L’ensemble, entièrement métallique, donnait dès le premier coup d’œil l’idée bien définie d’un métier à tisser.

Au milieu, parallèlement au courant, s’étendait certaine chaîne horizontale faite d’une infinité de fils bleu clair, qui, placés côte à côte sur une seule rangée, n’occupaient en largeur qu’un espace de deux mètres, grâce à leur fabuleuse finesse.

Plusieurs lisses, comprenant des fils verticaux respectivement munis d’un œillet, formaient l’une derrière l’autre des plans perpendiculaires à la chaîne qu’elles traversaient de part en part. Devant elles pendait un battant, sorte d’immense peigne métallique dont les dents imperceptibles et innombrables égalisaient la chaîne ainsi qu’une chevelure.

À droite, un grand panneau d’un mètre carré, bordant la chaîne, se composait d’une foule d’alvéoles séparées par de fines parois ; chacune de