Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/131

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ces cases abritait une étroite navette dont la canette, mince bobine fixée de l’avant à l’arrière, portait une provision de soie unicolore. Tous les tons imaginables, variant délicatement les sept échantillons du prisme, se trouvaient représentés par la garniture interne des navettes, dont le nombre pouvait s’élever à mille. Les fils, plus ou moins dévidés suivant leur éloignement, venaient aboutir à droite sur l’angle initial de la chaîne et engendraient un étrange réseau prodigieusement polychrome.

En bas, presque à fleur d’eau, maintes aubes de toutes dimensions, disposées en carré plein comme un escadron, formaient la base entière de l’appareil, soutenu d’un côté par la rive et de l’autre par deux pilotis enfoncés dans le lit du fleuve. Chaque aube, suspendue entre deux tiges étroites, semblait prête à faire tourner une courroie de transmission qui, enserrant à gauche une portion libre du mince moyeu, dressait verticalement ses deux rubans parallèles.

Entre les aubes et la chaîne s’étendait une sorte de coffre long contenant sans doute le mystérieux mécanisme appelé à mouvoir l’ensemble.

Les quatre poteaux supportaient à leur sommet un épais plafond rectangulaire d’où descendaient les lisses et le battant.

Aubes, coffre, plafond, panneau, navettes,