Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/133

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sa pureté première sans flaccidité ni emmêlement.

Le panneau était soutenu par une épaisse tige verticale qui, décrivant un coude brusque, pénétrait horizontalement dans l’intérieur du coffre ; là, quelque longue rainure que nous ne pouvions apercevoir de la rive permettait sans doute le patinage silencieux effectué depuis un moment.

Bientôt le panneau s’arrêta pour se mouvoir en hauteur. La portion verticale de sa tige s’allongea doucement, révélant un jeu de compartiments glissants pareils à ceux d’un télescope ; réglée par un concours de corde et de poulie internes, la détente de quelque puissant ressort à boudin pouvait seule provoquer cette ascension discrète, qui prit fin au bout d’un instant.

L’évolution du panneau avait coïncidé avec un mouvement subtil des lisses, dont certains fils venaient de s’abaisser pendant que d’autres s’élevaient. Le travail s’accomplissait hors de notre vue dans l’épaisseur du plafond, qui n’utilisait que de minces rainures pour livrer passage aux immenses franges tendues en bas par une légion de plombs étroits à peine supérieurs au niveau du coffre. Chaque soie de la chaîne, traversant isolément l’œillet d’un des fils, se trouvait actuellement montée ou descendue de plusieurs centimètres.