Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/134

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Soudain, rapide comme l’éclair, une navette, lancée par un ressort du panneau, passa entre l’ensemble des soies dénivelées, dont elle franchit toute la largeur pour aboutir à un compartiment unique fixé en place prévue et calculée. Dévidée hors du fragile engin, une duite ou fil transversal s’étendait maintenant au milieu de la chaîne en formant le début de la trame.

Mû en dessous par une tige mobile dans une rainure du coffre, le battant vint frapper la duite avec ses dents sans nombre pour reprendre aussitôt sa posture verticale.

Les fils des lisses, remuant de nouveau, amenèrent un changement complet dans la disposition des soies, qui, opérant un rapide chassé-croisé, firent un important parcours en hauteur ou en profondeur.

Poussée par un ressort du compartiment de gauche, la navette, douée d’un vif élan, traversa la chaîne en sens inverse pour réintégrer son alvéole ; une seconde duite déroulée par sa canette reçut un coup brutal du battant.

Pendant que les lisses accomplissaient un curieux va-et-vient, le panneau, fidèle à un plan unique, employa simultanément ses deux modes de déplacement pour se mouvoir dans une direction oblique ; braquée à l’endroit déterminé, une deuxième alvéole profita d’un temps d’arrêt pour expulser une navette qui, filant comme un projectile