Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/168

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Après quelques derniers mouvements faibles et inconscients, Juliette tomba morte auprès de Roméo, juste au moment où les deux rideaux de la scène se refermaient rapidement.

Kalj et Méisdehl nous avaient tous étonnés par leur mimique merveilleusement tragique et par leurs quelques phrases françaises prononcées sans fautes ni accent.

Revenus sur l’esplanade, les deux enfants effectuèrent un prompt départ.

Traîné par l’esclave et fidèlement escorté par Méisdehl, le char, émettant de nouveau sa note haute et continue, emporta vers la gauche le débile Roméo, visiblement épuisé par l’effort de ses multiples jeux de scène.


L’ut vibrait encore dans le lointain quand Fuxier s’avança vers nous, tenant contre sa poitrine, avec sa main droite éployée, un pot de terre d’où surgissait un cep de vigne.

Sa main gauche portait un bocal cylindrique et transparent, qui, muni d’un large bouchon de liège traversé par un tube métallique, montrait dans sa partie basse un amas de sels chimiques épanouis en gracieux cristaux.

Posant ses deux fardeaux sur le sol, Fuxier