Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/227

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fenêtre ouverte donnant sur les jardins de l’hôtel.

Ayant déjà parlé de Séil-kor comme d’un personnage très savant, l’explorateur voulait faire subir à l’enfant un examen de revision sommaire avant de le présenter aux deux nouvelles compagnes de son existence.

Quelques questions sur les grands faits de l’histoire obtinrent des réponses satisfaisantes.

Abordant ensuite la géographie de la France, Laubé demanda le chef-lieu d’une foule de départements cités au hasard.

Assis en face de la fenêtre, Séil-kor ne s’était pas encore trompé dans sa récitation presque machinale, quand soudain, au moment de nommer la préfecture de la Corrèze, il se sentit prêt à défaillir ; un nuage glissa devant ses yeux, et ses jambes se mirent à trembler, pendant que son cœur frappait dans sa poitrine des coups sourds et pressés.

Ce trouble était causé par la vue d’une ravissante enfant blonde d’une douzaine d’années, qui, venant de passer dans le jardin, avait croisé un instant son merveilleux regard profond et bleu avec le regard ébloui de Séil-kor.

Cependant Laubé, n’ayant rien remarqué, répétait en s’impatientant :

— La Corrèze, chef-lieu?…

La vision s’était évanouie, et Séil-kor put