Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/267

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Mossem se réjouissait tout bas en constatant la réussite de sa manœuvre.

Une heure après, Mossem, se trouvant seul avec Djizmé, arracha le gant maculé et prit dans le pagne de l’infortunée la lettre accusatrice, qu’il lui mit brusquement sous les yeux.

Le lendemain, Naïr et Djizmé, emprisonnés, étaient gardés à vue par de farouches sentinelles.

Talou ayant demandé l’explication de cette mesure rigoureuse, Mossem saisit l’occasion de consolider la confiance de l’empereur, dont il craignait toujours les soupçons pour Rul et pour lui-même. Il présenta comme une vengeance d’amoureux jaloux ce qui n’était en réalité que l’effet d’une colère due à un froissement d’amour-propre. Par calcul, il exagéra la profondeur de son ressentiment et conta longuement au souverain tous les détails de l’aventure, y compris les particularités concernant le collet, le chapeau et le gant. Toutefois, il sut garder secrète sa propre intrigue avec Rul, en évitant de faire allusion aux portraits compromettants dessinés par Naïr au début de sa lettre.

Talou approuva le châtiment infligé par Mossem aux deux coupables, qui furent maintenus en captivité.