Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/271

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Il tenta ensuite de lui parler, mais Sirdah, étonnée, ne comprenait pas son langage.

Pendant les effusions de l’heureux père, un arbre consumé par la base s’effondra tout à coup, en frappant violemment à la tête le zouave, qui perdit connaissance. Sirdah s’élança aussitôt vers le soldat en manifestant la plus vive inquiétude.

Talou ne voulut pas abandonner le blessé, qui semblait inspirer à sa fille un pur et affectueux intérêt ; il comptait en outre sur les révélations de ce témoin pour éclaircir le lointain mystère concernant la disparition de Sirdah.

Quelques instants plus tard, le palanquin, enlevé par les coureurs, emportait du côté d’Éjur l’empereur, Sirdah et le zouave toujours inanimé.

Le lendemain Talou rentrait dans sa capitale.

Mise en présence de sa fille, Rul, prise d’une terreur folle et menacée de la torture, exposa des aveux complets à l’empereur, qui, sur-le-champ, fit arrêter Mossem.

En cherchant dans la case de son ministre quelque preuve de l’indigne félonie, Talou découvrit le billet doux que Naïr avait écrit à Djizmé quelques mois auparavant. Se voyant ridiculisé sur le dessin de l’en-tête, le monarque entra en fureur, puis résolut de supplicier à la fois Naïr pour son audace et Djizmé pour la duplicité dont elle s’était rendue coupable en