Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/278

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Velbar devait s’installer le lendemain soir à la terrasse du café Léopold et commander un arlequin au moment précis où le Salut sonnerait à l’église Saint-Jacques ; aussitôt une personne de confiance s’approcherait du jeune soldat afin de lui transmettre les plus flatteuses révélations.

Le lendemain, à l’heure dite, Angélique se trouvait à son poste, attablée devant le café Léopold, non loin d’un zouave silencieux qui fumait tranquillement sa pipe. La vieille, ne connaissant pas Velbar et craignant de commettre un impair, attendait prudemment le signal convenu pour entrer en matière.

Soudain, la sonnerie d’un office ayant ébranlé le clocher tout proche de l’église Saint-Jacques, le zouave prit ses informations et commanda un arlequin.

Angélique s’approcha et se présenta elle-même en parlant de la lettre anonyme, pendant que le garçon posait devant Velbar l’arlequin demandé, sorte d’assemblage multicolore de viandes et de légumes disparates empilés sur la même assiette.

En quelques mots la vieille exposa la situation, et Velbar, enchanté, reçut un double absolument parfait de la grille confiée à Flore.

Les deux amoureux entamèrent sans retard une secrète et brûlante correspondance. Velbar, ayant touché un fort cachet après la représentation