Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/281

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


jours de prison réservés sans nul doute à son refus d’obéissance ; puis, avant de se retirer, comme suprême insulte il lui cracha au visage.

À cet instant Suire perdit la tête et, saisissant sa baïonnette, frappa en pleine poitrine l’odieux adjudant, qu’on emporta aussitôt.

Bien qu’évanoui et sanglant, Lécurou n’était que très légèrement blessé par l’arme, qui avait glissé sur une côte.

Suire, néanmoins, passa en conseil de guerre et fut condamné à mort.

Lécurou, promptement rétabli, commandait le peloton d’exécution, dont Velbar faisait partie.

Quand l’adjudant cria : « Joue ! » Velbar, en songeant qu’il allait donner la mort, se sentit secoué par un grand frisson.

Brusquement le mot « Feu ! » retentit, et Suire s’affaissa, frappé de douze balles.

Velbar devait garder éternellement le souvenir de ce moment terrible.

Flore affichait maintenant librement sa liaison avec Velbar ; mais, depuis l’abandon de Lécurou, la pauvre fille contractait sans cesse de nombreuses dettes. Connaissant la maison de jeu qui, pendant quelque temps, avait procuré des ressources à l’adjudant, elle résolut de tenter le