Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/283

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la surexcitation de Flore. La vue du scandale, s’ajoutant au spectre de la misère, hâta l’accomplissement de son fatal projet. D’un bond elle courut au balcon et se précipita sur le pavé.

Le lendemain, en apprenant en même temps le drame de la maison de jeu et la disparition de sa maîtresse, Velbar eut un sinistre pressentiment. Il se rendit à la Morgue, où il vit, accrochée au-dessus d’un cadavre de femme à la figure broyée et méconnaissable, la fameuse châtelaine d’argent offerte par lui-même à la pauvre Flore. Cet indice servit à établir l’identité de la morte, dont le jeune zouave put payer les obsèques en vendant sur l’heure, à bas prix, les meubles récemment achetés avec l’argent de son cachet.

La mort de Flore ne calma pas la haine de Lécurou, qui, plus que jamais, accablait son rival d’injures et de punitions.

Un soir de mai, à certaine halte d’une marche de nuit accomplie sans clair de lune au seul rayonnement des étoiles, Lécurou s’approcha de Velbar, auquel il infligea huit jours de salle de police sous prétexte de négligence dans la tenue. Après quoi l’adjudant se mit à insulter froidement le jeune zouave, qui, pâle de colère, se crispait pour rester maître de lui.

À la fin, Lécurou renouvela le dénoûment de sa scène avec Suire en crachant au visage de