Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/285

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parquèrent les naufragés sous bonne garde pour se repaître de leur chair ; chaque jour, l’un des prisonniers, après une rapide exécution, était dévoré séance tenante en présence de tous les autres. Bientôt Velbar survécut seul, après avoir vu disparaître, jusqu’au dernier, ses infortunés compagnons.

Le jour de son propre supplice, il résolut de tenter l’impossib]e pour échapper à ses bourreaux. Quand on vint le chercher, il se fraya vite, à coups de crosse, un passage à travers la foule, puis se mit à courir au hasard, escorté par une vingtaine d’indigènes qui se lancèrent à sa poursuite.

Après une heure de course effrénée, alors que ses forces commençaient à le trahir, il aperçut la lisière de la Vorrh et redoubla d’ardeur dans l’espoir de se cacher sous les épais massifs de l’immense forêt.

De leur côté, les cannibales, s’excitant par des cris, parvinrent à se rapprocher du fugitif, et c’est au moment d’être atteint par eux que Velbar pénétra sous les premières frondaisons. La chasse prit fin aussitôt, les naturels n’osant s’aventurer dans le sombre repaire des génies malfaisants.

Velbar vécut tranquille dans la sûre retraite que lui offrait la Vorrh, ne se risquant jamais au dehors dans la crainte d’être repris par les féroces anthropophages. Il s’était construit une petite