Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/290

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Mossem, Naïr et Djizmé furent réservés pour de terribles supplices, différés de jour en jour par l’empereur, qui voulait imposer en expiation aux trois coupables l’angoisse d’une attente cruelle et prolongée.

Un nègre nommé Rao, élève de Mossem, qui lui avait transmis son savoir assez complexe, fut appelé à succéder au ministre disgracié dans les importantes fonctions de conseiller et de gouvernant.

Cependant Rul, abreuvée d’humiliations, avait juré de se venger. Irritée surtout contre Sirdah, qui par son retour avait causé tous ses malheurs, elle cherchait un moyen d’assouvir sa haine contre cette fille, dont elle maudissait la naissance.

Après maintes réflexions, voici ce qu’imagina la mère infâme.

Certaine maladie sévissait dans le pays à l’état endémique, se manifestant par l’apparition de deux taies blanches très contagieuses qui s’étendaient sur les yeux et s’épaississaient chaque jour davantage.

Seul, le sorcier Bachkou, vieillard silencieux et solitaire, savait guérir la dangereuse affection à l’aide d’un onguent secret. Mais la cure rapide ne pouvait réussir que sur un endroit sacré situé dans le lit même du Tez. Immergé